Lucie B. 47 ans, cadre sup dans une franchise célèbre pour ses livres au trimestre :

Levée à 11h30, Lucie se réchauffe un café. Douche de 5 minutes, 3/4 d’heure de maquillage-habillage. Quitte la maison familiale à 12h45 pour rejoindre son lieu de travail à 13h10. Elle y sermonne ses vendeuses parce que le balai n’est pas passé, puis s’enferme dans son bureau pour préparer la stratégie de vente (et passer plusieurs coups de fil, dont plusieurs à sa mère pour lui parler de ce charmant petit cadre qu’elle a acheté au carrefour du coin lors de sa promenade dominicale) jusque 17h45. Entre temps, il aura sans doute fallu remettre dans le droit chemin quelques vendeuses égarées, surtout la dernière embauche qui a suivi le troupeau des femmes enceintes qui émaillent de leurs gagâteries perverses les discussions de l’équipe, et celle qui désire un congé parental, celle-la même qui l’avait accusée de harcèlement il y a peu, chose à quoi Lucie lui avait fait gentiment remarquer que quand on trompe son mari, on ferait mieux de se taire pour éviter d’accuser les gens de n’importe quoi et que ça se répète. Penser à la virer.

Tu veux jouer ?

13Jun04
 

Un, deux, trois, l’un de mes posts s’est caché, quatre, cinq, six, quelque part par . Sept, huit, neuf, sauras-tu le retrouver ?

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[Edit]Voici le post qu’il fallait retrouver :

Fallen King

18Feb04
 

- Alors c’est fini tu crois ?
- Non, je ne sais pas, je ne pense pas… Mais tu vois, il a changé, ce n’est plus le même plaisir qu’auparavant. Un peu comme si au bout d’un an et quatre mois, mon copain ne me parlait plus que pour lui passer le beurre.
- C’en est tout de même pas à ce point avec King quand même ?!
- Pas vraiment, je ne me suis jamais assise à sa table. Mais la nourriture qu�il me sert n�a plus le même goût, voilà tout.
- Plutôt putréfié ton poulet ou juste un peu coulant ?
- Ah mais arrête, je parle sérieusement�
- D�accord. Pardonne-moi. Bon, qu�est ce qui a changé, concrètement ?
- Hum� C�est difficile à expliquer autrement que par de bêtes analogies� T�as jamais ressenti ça toi ? Je veux dire, on a tous commencé par les rois du macabre vendus en supermarchés, alors qu�on nous conseillait académiquement Molière ou à défaut la bibliothèque verte� On se passait les romans sous le manteau dans la cour de récré et�

Elle voulait revoir sa Normandie parait-il. Les vaches, les pommes et le calva-café du matin. On dit que c’est normal que la Normandie possède le plus gros taux de dépressions puisqu’il y pleut quasiment tout le temps. Et parfois je me demande comment fait le Nord pour ne pas déprimer entre le froid, la pluie, les pingouins et les ours polaires. Mais j’oubliais, dans le Nord, on a la Kriek flambée et le carnaval.

Rien de plus stimulant pour les neurones qu’une petite joute verbale bien amenée sur n’importe quel sujet de votre choix, que vous le maitrisiez ou non. Et rien de plus jouissif que d’en sortir vainqueur, que vous ayez raison, ou pas. En tant qu’observatrice, j’ai pu remarquer que les méthodes employées sont invariablement les mêmes :
- empècher l’interlocuteur d’en placer une : rien de plus facile, il suffit juste d’avoir un débit linguistique frisant la salve d’un UZI. Le cas échéant, vous pouvez toujours gueuler plus fort que l’adversaire.
- prendre des airs affectés : celui qui dépeint aussi efficacement qu’une sculpture vos pensées de l’instant “roh mais qu’il est con celui-là”, lever les yeux au ciel “Mon Dieu, pardonnez-lui, il ne “sait” pas”…
- dans tous les cas, ne regardez jamais votre interlocuteur en face, ça l’amoindrira encore plus.
- ne pas écouter ses arguments (double hit combo avec la première stratégie).
- pour fleurir la conversation, n’hésitez pas à notifier à l’Autre combien il est obtus et borné. S’il ne comprend toujours pas, fachez vous tout rouge, ne parlez plus, boudez, et regardez alentour (le sol est encore plus significatif) pour montrer combien vous trouvez la compagnie de ces ignorants crasse O combien ennuyeuse.
Si vous ne réussissez pas à devenir tout rouge, retenez votre respiration. Une minute semble être un délai acceptable.
Enfin, pour signer votre victoire, sortez dignement de la pièce en disant “ravi de vous avoir connu”.
(NDLB : remerciements chaleureux au cobaye qui m’a permis d’observer ces résultats totalement inexpérimentaux.)

On aurait pu m’appeler Steven. Ma vie se déroule sur grand écran, en THX et son dolby. Je transforme mes petits gestes quotidiens en exploits dignes de l’Odyssée, et si tel ne peut pas être le cas je cache mes mesquineries sous les facettes de la franchise et du bon-sens populaire.

Dis moi, dis moi tout ce que tu ne peux pas me dire. Ce sera juste entre toi et moi, et des mots crus, des mots couteaux. Comble le trou dans cette porte avec tes maux. Juste toi et moi, rien d’autre que ma page vide et ta voix.

Un an qu’il est à la retraite. Tous les jours de l’année, le même schéma :
7h00 - il éteint le rêveil et file à la salle de bains
7h30 - petit-déj avec les enfants
7h45 - l’aîné, androgyne au possible, part travailler. Il “s’occupe des ordinateurs d’une entreprise” comprenez…
8h - éventuellement accompagner la petite dernière au lycée
8h30 - il sort dans le jardin voir si la voisine n’est pas entrain de sortir la voiture pour partir au boulot, auquel cas il pourra échanger quelques mots avec elle. Zut, les volets sont encore fermés, elle ne doit pas travailler ce matin…
9 h - faire quelques courses pendant que sa femme inlassablement astique et réastique la cuisine. Sauf le dimanche car à cette heure-ci, c’est la messe.
10h30 - éventuellement emmener sa femme chez le “docteur”.

Marie

04May03
 

“Marie” a 23 ans. M. est bien emmerdée, parce qu’en ce moment, elle ne s’entend plus avec sa maman et le nouvel ami de sa maman. On ne s’occupe plus d’elle. Alors qu’avant M. avait tout ce qu’elle désirait sur un plateau d’argent, court de tennis, fringues, dernier Nokia and co, du jour au lendemain, comme ça, plus rien, en tous les cas, pas assez. Du coup, M. est très triste, elle s’ennuie et se réfugie dans le giron de sa grand-maman, qui elle, au moins, la comprend.
Alors grand-maman lui rappelle qu’elle a un père. Oui oui, celui qu’elle n’a pas vu depuis 23 ans environ. Celui qui bon, il faut le dire, ne valait pas grand’chose avant, mais maintenant c’est quelqu’un de bien, il est avec une femme qui est cadre sup’, il a de l’argent.
Oui voilà, M. se souvient. Il lui avait écrit une fois. Une gentille lettre pleine de fautes, avec un petit cadeau. Elle l’avait rapidement remercié par téléphone, et l’avait tout aussi rapidement oublié, parce que bon, sa maman lui avait répété “que ce n’était pas quelqu’un de bien”, c’est pour ça qu’ils s’étaient pas mariés et tout. Elle faisait pareil à chaque petite carte d’anniversaire ou de Noël : elle recevait, remerciait, oubliait en allant faire les boutiques. Des fois même, il lui disait qu’il aimerait bien la voir et tout, mais M. n’avait pas trop envie parce que bon “le tennis, les copines, tout ça, fouyaya elle avait pas le temps hein…”.
Et puis un jour plus rien…
Il parait que maintenant, il vit dans une jolie maison avec des beaux meubles et un joli jardin. Il parait que l’amie de son père a une fille de 26 ans. Même qu’elle est vachement instruite la fille. C’est normal parce que comme ils ont de l’argent, bah la fille, elle a fait de longues études et tout, même qu’elle a un ordinateur.
M. se dit qu’elle est encore plus triste du coup, parce que maintenant elle n’a plus de nouvelles de son papa, plus de petite enveloppe surprise, et puis qu’en fait, elle aimerait bien le voir son papa. Parce que vu comme ça, il doit être très gentil son papa, et puis ça doit être bien de vivre dans une famille comme ça.
Sa grand-maman lui dit que oui, et qu’elle va s’arranger avec son papa pour qu’ils se voient, tous les deux, M. et lui. Alors M. pourra demander à vivre avec son papa, son amie et la fille, vu qu’elle est très très malheureuse avec sa maman qui ne lui paie plus rien et qui ne s’occupe plus d’elle depuis qu’elle est avec son nouvel ami.
Et puis comme ça l’amie de son papa lui donnerait la même éducation qu’à la fille. Et puis, M. est sûre qu’elle s’entendrait super bien avec la fille et qu’elles seraient amies. Alors M. ne serait plus malheureuse.

X,Y

05Mar03
 

Elle pense qu’au bout d’un moment, le sentiment amoureux laisse place à la vibration d’une habitude. Au fil du temps, dans un appartement assombri par la nuit qui tombe, Elle se couchera dans les draps à côté de quelqu’un qui fait partie du paysage. Les choses sont ainsi depuis des lustres, c’est comme ça.


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The Girl

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Traductrice ascendant emmerdeuse, bibliophage et music-olique, très matérialiste et horriblement superficielle : Ppl'Art. Passablement vulgaire et sarcastique aussi, on ne dira pas que j'avais pas prévenu.

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