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04.12.2008 Bastille (Paris) - In this craziness...Testing the nikon : DSCN0089Testing the Nikon : Caen - ChateauCyborgs ♥ GallianoCyborgs ♥ Galliano

La gamine était là, accroupie devant la table du salon, ses crayons de couleur étalés en vrac sur des feuilles blanches. Elle regardait le tout d’un air absent, un doigt grattant son nez mutin marquant sa concentration.
On l’appelait la gamine mais elle n’en était plus une. En vérité, elle avait sans doute le même âge que Maureen et moi, mais son apparence était trompeuse. Un visage aux joues rondes, les yeux toujours grands ouverts sur des choses qu’elle semblait être la seule à voir, et un air de sincérité candide même lorsqu’elle nous balançait les pires insanités. Son esprit en revanche était bien celui d’un être de notre espèce. Morcelé. (more…)

« Bon. Et on fait quoi maintenant ? »
Elle a la cigarette moqueuse, l’œil narquois. Je joue avec un stylo la tête basse, fixant la table pour éviter de remarquer son agacement. Si seulement j’avais une moindre idée de réponse.
Une fesse appuyée sur l’accoudoir du fauteuil, elle balance sa jambe d’avant en arrière. Je déteste quand elle fait ça. Elle sait que je déteste quand elle fait ça. Je me concentre comme je peux sur la mine du stylo, mais mes yeux sont aimantés par cette jambe, d’avant en arrière. Elle sait que…
« Maureen…
- Tu réponds oui ?
- Maureen… Ta jambe s’il te plait…
- Oh. »
Elle se laisse tomber dans le fauteuil, croise les jambes par dessus l’accoudoir et me lance un regard noir en croisant les bras.
« Tu n’es qu’un beau parleur en définitive hein… Mais lorsqu’il s’agit de montrer de quoi tu es capable, plus personne…
- Tu sais très bien que c’est plus compliqué que ça…
- Oui. Peut-être. Ou peut-être que tu te cherches des excuses, parce qu’après tout, je suis là maintenant, non ? »
Elle avait raison. Comme d’habitude. Elle a toujours raison. Elle sait que je déteste quand elle a raison. Je me concentrai à nouveau sur le stylo.
« Tout est là, tout ce dont tu as besoin est là… Alors maintenant, on fait quoi ?
- Maintenant, on attend. »

On déterre un peu les cadavres et on fouille la database pour découvrir deux trois posts que l’on pourrait avec beaucoup d’arrogance qualifier de micro-fictions, voire auto-fictions pour certains. Légère perplexité à la lecture : “J’avais écrit ça moi ?” et “On dirait que ça s’est passé dans une autre de mes vies”.
Stay tuned, il se pourrait que je retente l’expérience, pour un peu que je trouve quelque chose à raconter sur une autre de mes 7 vies.

Selina Kyle: Two lives left. I think I’ll save one for next Christmas. But in the mean time, I wanna kiss Santi-Claus.
– Batman Returns.

Je suis faaaaaaaaaiiible et corruptible, j’avais résisté jusque là à l’appel de l’East End et ce soir… ce foutu soir… j’ai craqué.
Je me suis inscrite à Whitechapel. J’avais bien dit pourtant que j’allais éviter les time sinks comme la peste, mais souvent femme varie dit-on, et un bon time sink se doit d’attiser l’imagination.
Entre autres, la faute à M. Ferguson et ses micro-fictions, dont le concept commence à sérieusement me titiller. J’avais pas écrit quelques bouzins ici et là que l’on pourrait appeler micro-fiction moi tiens ?
A creuser.

Lucie B. 47 ans, cadre sup dans une franchise célèbre pour ses livres au trimestre :

Levée à 11h30, Lucie se réchauffe un café. Douche de 5 minutes, 3/4 d’heure de maquillage-habillage. Quitte la maison familiale à 12h45 pour rejoindre son lieu de travail à 13h10. Elle y sermonne ses vendeuses parce que le balai n’est pas passé, puis s’enferme dans son bureau pour préparer la stratégie de vente (et passer plusieurs coups de fil, dont plusieurs à sa mère pour lui parler de ce charmant petit cadre qu’elle a acheté au carrefour du coin lors de sa promenade dominicale) jusque 17h45. Entre temps, il aura sans doute fallu remettre dans le droit chemin quelques vendeuses égarées, surtout la dernière embauche qui a suivi le troupeau des femmes enceintes qui émaillent de leurs gagâteries perverses les discussions de l’équipe, et celle qui désire un congé parental, celle-la même qui l’avait accusée de harcèlement il y a peu, chose à quoi Lucie lui avait fait gentiment remarquer que quand on trompe son mari, on ferait mieux de se taire pour éviter d’accuser les gens de n’importe quoi et que ça se répète. Penser à la virer.
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