Quand j’étais gamine, j’ai d’abord fait comme toutes les autres et j’ai décidé qu’un jour, quand je serais grande, je serais chanteuse. Je partais avec un avantage sur les autres, j’avais pour moi un ego gonflé à l’EPO de Maman - pardon, Révérende Mère - Papa gagas devant leur petit génie à couettes (oui, vous avez bien lu, cette époque a existé, sans doute ma première vie), mais ensuite, et surtout, un père qui bossait en quelque sorte “dans le milieu”. La radio l’amenant naturellement a rencontrer deux trois célébrités capables de brailler dans un micro, j’évoluais moi aussi au milieu de ces célébrités dont j’ai évidemment oublié le nom. Pas timide pour un sou en plus, j’empoignais facilement le micro pour casser les ore… montrer ma jolie voix à mon entourage. Si bien que dés l’instant où il fallait que quelqu’un se dévoue et se ridiculise sur scène, en chorale ou même à la messe (AHAH SCOOP), c’était mes couettes que l’on envoyait.
Unrealized realities
Almost sober
Des signes que l’opium ramollit ce qui me reste de neurone :
- j’ai raccroché le téléphone sur un “Bisou, au revoir” à l’ouvrier qui est supposé venir prendre les mesures de la future véranda,
- j’ai cherché pendant une heure mon casque audio alors qu’il était autour de mon cou.
Et le pire, c’est que ça ne me fait même plus rire. La routine.
Nothing will ever be the same
Il y a toujours eu, dans ma vie, deux maladies dont le simple nom suffisait à me hérisser le poil d’horreur. Je vous présente d’un côté Miss Méningite, et de l’autre Miss Rupture d’Anévrisme, deux saloperies du genre foudroyant et assez peu du style à vous faire de joli cadeau. Un matin, sans que je sache trop pourquoi, je me suis réveillée dans une chambre remplie de beeep beeep qui s’accordaient bizarrement avec les battements de mon cœur et le Pr3d en face de moi me disant « Bon, alors ne panique pas, mais ce n’est pas une méningite ». Ah merde. Si ce n’est toi, c’est donc ta soeur. Et là je me suis souvenue…
En fait non
Demain, je n’arrête pas. Je commence juste.
Demain j’arrête
…de vieillir. Ou pas !
Merci.
Schtroumpf grognon
J’aime pas les changements d’heure…
Fading Voices & Haunting Memories
Je crois que c’est l’une des choses qui m’ont le plus surprise à la mort de mon père. Mon père faisait de la radio, sa voix donc, je l’entendais un peu partout de son vivant. Sur les ondes, à la maison… C’était son outil de travail en quelque sorte. Sa griffe. Pas quelque chose que je pensais oublier facilement. Au fil des années après sa mort, celle-ci s’est distordue, déformée par le souvenir sans aucun doute.
Un jour, il y a 5 ans je pense, ma tante venue en visite m’avait ramené en cachette de la révérende mère - pour éviter les drames - une émission que mon père lui avait enregistrée. Et sur laquelle on l’entendait. Je n’ai pas pu l’écouter plus de 10 minutes, je ne le reconnaissais pas et ça me faisait l’effet d’un coup de poing en pleine machoire, avec le bloop caractéristique qui remonte aux yeux.
J’avais perdu sa voix.
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