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04.12.2008 Bastille (Paris) - In this craziness...Testing the nikon : DSCN0089Testing the Nikon : Caen - ChateauCyborgs ♥ GallianoCyborgs ♥ Galliano

Dans la série des inconvénients post-anévrisme en dehors de la perte de temps, des envies de femme enceinte (BRAAAAINS!), des cycles de sommeil à rallonge et de la photosensibilité (Ah non, pas le soleil, je fonds !), il y a la compliquée paresthésie, trouble de la sensibilité, bien souvent localisée (visage et main gauche pour ma part) et aux symptômes plus ou moins gênants suivant la gravité des cas. Et on s’en doute, moi, j’ai pas fait dans la dentelle. Vu que je reste une petite veinarde et que la paresthésie, je lui fais la nique tous les jours, les zones anesthésiées se résorbent lentement mais sûrement, et maintenant je peux presque manger un yaourt sans trop me ridiculiser (Tiens, attends, t’en as encore un peu sur le coin de la gueule).
Là où ça devient franchement agaçant cependant, c’est qu’au niveau musculaire, j’ai l’impression de fonctionner sur courant alternatif et que fatalement… je ne sens plus ma force.
Alors j’en imagine déjà certains se dire “Cool, Ute elle peut plier une barre de fer en deux avec sa main gauche” mais pas du tout. Concrètement, je peux me battre trois heures avec une banane pour essayer de la dépiauter (low battery) pour finir par l’écraser d’un faux mouvement (overheating battery) : *sploch* oops, pas fait exprès. Pareil avec les mandarines, les papiers de bonbons, les boutons de chemise, la guitare de Guitar Hero3 et ses touches que je ne sens pas, les mandales… Autant vous dire qu’en l’état actuel des choses, mieux vaut que vous évitiez un combat de pouces avec moi, au cas où je me mettrais à surchauffer.
Cela étant dit, et maintenant que vous avez bien compris le principe, quelqu’un pourrait-il être assez sympa pour m’ouvrir ma bouteille de pepsi ?

Seconde artério de contrôle : done.
RAS, “parfait”, la fille guérit.
Et pour éviter que cela devienne une habitude, un peu comme je me suis fait la réflexion en arpentant les couloirs de nuit, faudrait pas que j’y prenne mes marques, ce troisième séjour fut :
- l’occasion de shooter tout et n’importe quoi, et surtout n’importe quoi, anxiété et ambiance à la Riget obligent,
- pas mal de *bwaah* éclats de rire,
- un “hospital by night”, expédition punitive avec ipod sur les oreilles et traquage d’hypothétiques zombies jusqu’à l’abri fumeur du CHU pour m’intoxiquer une dernière fois avant le jeun de 24h,

CHU by night #1 session

- une bonne grosse attaque de panique au bloc quand j’ai senti que le radiologue incisait, correction tranchait et que cette connasse d’anesthésie locale ne faisait pas encore effet, retour au mantra don’t forget to breathe, for fuck’s sake breathe.
Small sidenote : j’en vois deux qui s’évanouissent dans le fond (ou les joies des dîners avec tata Ute “oh oui, raconte-nous une histoire !”) ; non, on ne m’a pas ouvert le crâne, encore moins sous anesthésie locale “dis bonjour à ton neurone !”. Mais je vais éviter d’expliquer en détail l’opération (artère fémorale —> cerveau, yupe that’s a long way to go !) sinon c’est cinq personnes qui risquent de tomber dans les vappes derrière leur écran, et je m’en voudrais.
- 5 secondes pour comprendre pourquoi il est important de ne pas nourrir le mogwaï après minuit quand on l’opère le lendemain à 8 plombes. Breathe.
- un trip psychédélique à observer le produit de contraste éclairer mes paupières même fermées. Quand je disais que j’avais un home cinema dans les rétines…
- la certitude que la drogue c’est mal même en prescription, surtout quand on doute furieusement de l’authenticité d’une émission sur l’arrestation de Ben Laden. J’aurais mieux fait de mâter la quatrième dimension : “Hey les copains, c’est pas vrai que les extra-terrestres ont débarqué hein ?”,
- toujours ce sentiment d’incompréhension et de gêne quand même encore entrain de cicatriser je parcours l’étage sur mes deux jambes alors qu’un autre a besoin de l’aide d’une infirmière,
- les infirmières qui se souviennent encore de moi et me collent un nouveau surnom (mais chut),
- quelques décisions au beau milieu de ma dernière nuit (mais chut encore).

The Riget
The Riget II

On s’y revoit dans 6 mois. Et cette fois, j’aurais le temps de reprendre des activités normales comme prévu.

Narrator: When people think you’re dying, they really, really listen to you, instead of just…
Marla Singer: - instead of just waiting for their turn to speak?
Fight Club

Ayé, dans deux semaines environ, je me tortillerai à nouveau au bloc opératoire, essayant sans doute de ne pas exploser de rire au nez du radiologue au “faux air de Jude Law avec le masque mais pas du tout sans” mais au vrai fort accent du Attila de Kamelott, et anticipant la nouvelle cicatrice. En bref, je vais radoter mais “Do.Not.Want”.

On m’avait dit “vous pourrez bientôt reprendre une vie normale”, la question que je me pose à l’heure actuelle porte sur leur définition de “bientôt”. 3 mois ça passe vite, à peine le temps de me remettre, d’arrêter de pioncer comme un poulpe échoué sur le rivage, de pouvoir reprendre mes balades sur la plage sans friser du nez parce que “oh punaise la vachte mais ça tire sa saloperie d’hématome” qu’on y retourne déjà. Je commence à trouver le temps long, à avoir envie de bouger, et il faudra à nouveau être immobilisée plusieurs semaines.
Je = heureuse, ravie. Si. Je = pas crédible, je sais.

A force tout de même de s’ausculter le nombril sous tous les angles et de passer de longs moments en profonde consultation avec soi-même au cours de ces dernières semaines, on en vient tout de même à dégager quelques grandes lignes de cette longue (trop longue) expérience.
Par exemple, la meilleure période pour impressionner tout le monde avec une rémission éclair zoupla esquive reste tout de même l’été. L’hiver, ça caille, et quand justement le problème est sanguin, la rémission elle se barre aux bahamas et elle vous laisse vous demmerder toute seule. Au final, exit la paralysie et la laine de verre, vrai, mais en période de pointe et suivant l’afflux d’informations au neurone, je reste persuadée d’avoir la gueule de Sikozu mashed-up Stark : frelled.
Autre observation sur le tas, se mater le fond de l’oeil depuis le fond de l’oeil n’amuse certainement que vous-même, puisque justement, vous êtes la seule à voir ce qui s’y passe. Right, “I’ve seen things you people wouldn’t believe“, j’ai un putain de home cinema au fond de la rétine et autant dire que c’est l’éclate. Mais aux yeux de mes interlocuteurs ça reste purement et simplement freaky.
En revanche, on appréciera votre compagnie pour vos petits émerveillements quotidiens, “Hé ! Agad’, j’arrive à claquer des doigts !!!!”, et les plus kamikaze arriveront même à ne plus s’étonner de vos subits changements de dynamisme, “Noooon, je veux aller faire un tour à… heu non dormir en fait.”
De fil en aiguille, on en arrive même à se passer d’opium, histoire de ne plus piquer du nez pendant un épisode de House et ce même si on se sent très / trop proche du héros / anti-héros, pas seulement pour l’addiction, mais aussi pour éviter de balancer une cartouche en plein repas “oops, j’ai pensé tout haut”. Sur ce point cependant, j’ai tout de même peur par moment que l’effet In Meds Veritas ne soit qu’un mythe et qu’il s’agisse en fait de ma véritable personnalité. En même temps, j’avais prévenu, et en général le public en redemande (bande de masos / sadiques).
Voilà en quoi la convalescence peut, par certains aspects, être à peu près glam’ ou amuser la galerie en vous posant comme monstre de foire / force de la nature / freak / originale.

Pour le reste, autant être claire, ce n’est pas glamour. Mes projets ont pris un retard énorme (qui emploierait quelqu’un qui passe à la charcuterie tous les trois mois ?), et je peux aussi oublier mon petit boulot d’appoint qui me permettait de sortir de mon cocon de traductrice et rencontrer quelques cobayes à bloguer puisque trop de stress / chaleur fait passer la fille en phase d’agressivité hypoglycémique (mais là encore, nous pouvons émettre quelques doutes quant à l’origine réelle de l’agressivité : pathologique ou physiologique ?), évanouissements théatraux en prime, ce qui avouons-le, fait désordre dans un restaurant à moins d’apprécier Tarantino.
Ajoutez à ça l’incompréhension notoire du pékin de base (agressivité ++) et l’emmerding au maximum, et vous avez le tableau.

En bref, mon kaléidoscope dans la rétine et moi, on commence à trouver le temps long, on se fait chier, et ça risque fort de continuer. Vivement le printemps.
J’ai déjà dit Do Not Want ? Ah oui.

Retour à la chambre verte du CHU prévu pour mercredi. Au programme, transformation en sapin de Noël phosphorescent plug-able sur prise USB grâce au produit de contraste que l’on va sans doute m’injecter. Je suis heureuse et zen, et comme me disait la psy du CHU “vous pouvez être rassurée, vous au moins vous connaissez l’état de vos artères alors que nous autres…”

Heureuse et zen mon cul.
Do not want.

Du coup je me venge sur mes artères en ingurgitant par poignées Pringles et bonbons Haribo envoyés par Colissimo et mon Wawan de moi. Non parce qu’avec le double effet kiss cool de l’artériographie, je risque encore d’halluciner que l’on m’annonce que j’ai du cholestérol. Alors autant en avoir vraiment.

Do not want.

Que l’on ne s’étonne donc pas si S.N.M. reste silencieux quelques temps, c’est que je serai bien trop high pour poster quoi que ce soit, ou alors bien trop occupée à égorger les infirmières histoire de voir si le produit de contraste me donne des superpouvoirs.

Non vraiment do not want.

Ambiance Musicale : Scream by Avenged Sevenfold.
Caught up in this madness too blind to see
Woke animal feelings in me
Took over my sense and I lost control
I’ll taste your blood tonight

Et maintenant, comme promis, “mais où est le neurone ?”.

Challenge : Find the blonde's brain cells
© Digitalyn Dot Net 2007

Hint : non ce n’est pas le petit point blanc que vous pouvez voir en bas à droite, ça c’est mon implant neural.