Unrealized realities
Quand j’étais gamine, j’ai d’abord fait comme toutes les autres et j’ai décidé qu’un jour, quand je serais grande, je serais chanteuse. Je partais avec un avantage sur les autres, j’avais pour moi un ego gonflé à l’EPO de Maman - pardon, Révérende Mère - Papa gagas devant leur petit génie à couettes (oui, vous avez bien lu, cette époque a existé, sans doute ma première vie), mais ensuite, et surtout, un père qui bossait en quelque sorte “dans le milieu”. La radio l’amenant naturellement a rencontrer deux trois célébrités capables de brailler dans un micro, j’évoluais moi aussi au milieu de ces célébrités dont j’ai évidemment oublié le nom. Pas timide pour un sou en plus, j’empoignais facilement le micro pour casser les ore… montrer ma jolie voix à mon entourage. Si bien que dés l’instant où il fallait que quelqu’un se dévoue et se ridiculise sur scène, en chorale ou même à la messe (AHAH SCOOP), c’était mes couettes que l’on envoyait.
J’avais la vie devant moi pour leur montrer que leur choix était définitivement le bon, c’était dit, je serai chanteuse.
Le gros hic c’est que dans le même temps, j’ai fait la découverte d’une autre de mes capacités, qu’on nommera miss Versatilité les nuits de lune noire, et miss Touche à tout, les soirs de pleine lune. Un jour je décidais qu’aussi, je serai amazone, porterai un short bleu à étoiles et choperai les menteurs avec un lasso. L’histoire dit qu’on me rebaptisât même pour marquer le coup, pour endosser 6 mois plus tard le costume de magicienne.
En profondeur, miss Versatilité m’apprit que mes seules limites étaient celles que m’imposerait mon imagination, et preuve était faîte qu’en ce domaine, je n’avais aucune limite dés l’instant où l’on me donnait de quoi la nourrir. Un peu de musique et j’étais sur scène, à torturer un xylophone, danser et casser les oreilles de mon auditoire, du papier, des images et des mots et je réécrivais l’histoire à ma façon quand il ne fallait pas tout simplement la jouer au théatre. Le seul domaine auquel je refusais catégoriquement de me frotter était celui - et est toujours - de l’illustration. Deux mains gauches ne servent définitivement pas une imagination et un ego même dopés à l’EPO.
Viennent les vies suivantes où l’on découvre que rien n’est statique et que surtout everything is falling apart, qu’une personnalité est mouvante, surtout la mienne, et qu’une imagination peut aussi servir à se protéger quand on sait bien s’en servir. J’appris donc à m’évader par l’intériorité, la littérature, la musique et l’écriture pour leurs vibrations cathartiques. J’appris aussi à observer, que ce soit pour mettre à distance le ridicule, pour tout savoir et tout apprendre, exorciser et soutenir sans un mot, ou tout simplement pour me nourrir de choses que les autres ne s’arrêtent même plus pour regarder.
Dans mon avant-dernière vie, je racontais aussi que j’aurais aimé être entrepreneur d’une société de démolition. Mais je n’ai pas encore eu le temps de développer l’idée que la vie que je vis maintenant entrait déjà en scène, de manière fracassante, mais ça, vous le savez déjà.
Maintenant, je me dis que je pourrais bien vivre tout ça à la fois, pour un peu que je m’en donne la peine. Ce qui m’amènerait sans doute à mes heures perdues à être une sorte de créature hybride capable de rivaliser avec les danseurs-visages de Dune (tiens oui, assassin, ça m’aurait bien plu aussi… euh pardon), une plume dans une main, la guitare dans l’autre, pour un peu que je réussisse à maîtriser ces deux engins, des jumelles à infra-rouge autour du cou (métaphore de l’observation, suivez un peu…) et un lance-roquettes accroché dans le dos en cas de bloodlust.
Jusqu’à ce que miss Versatilité me refoute un coup de pied au derche et me souffle que oui il y a ça, mais aussi l’alternative mignonne chemise blanche avec longues manches qu’on attache dans le dos, avec jolie petite chambre capitonnée et substances chimiques à volonté pour brider mon imagination, à temps plein et heures perdues itou.
Mais ma nouvelle vie aura créé miss O’Well qui dans l’autre oreille ricane “Whatever, try me !” alors que je clique sur enregistrer sous. Si certains y arrivent, pourquoi pas moi hein ?
Merci.
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Toi en Danseur-Visage ? Naaaaaan, sont asexués ces animaux-là et puis ils ont l’esprit de la ruche; ca t’irait pas ;)
Asexué, je dis pas. Instinct grégaire, mon dieu quelle horreur. On fera sans !
Hum t’as beau dire que tu touches pas au domaine de l’illustration, moi je me souviens quand même d’un dessin de Seishiro qui était pas si mal réalisé… Remember ?
Oui mais du copiage hein… :/