Je crois que c’est l’une des choses qui m’ont le plus surprise à la mort de mon père. Mon père faisait de la radio, sa voix donc, je l’entendais un peu partout de son vivant. Sur les ondes, à la maison… C’était son outil de travail en quelque sorte. Sa griffe. Pas quelque chose que je pensais oublier facilement. Au fil des années après sa mort, celle-ci s’est distordue, déformée par le souvenir sans aucun doute.
Un jour, il y a 5 ans je pense, ma tante venue en visite m’avait ramené en cachette de la révérende mère - pour éviter les drames - une émission que mon père lui avait enregistrée. Et sur laquelle on l’entendait. Je n’ai pas pu l’écouter plus de 10 minutes, je ne le reconnaissais pas et ça me faisait l’effet d’un coup de poing en pleine machoire, avec le bloop caractéristique qui remonte aux yeux.
J’avais perdu sa voix.

















