Je crois que c’est l’une des choses qui m’ont le plus surprise à la mort de mon père. Mon père faisait de la radio, sa voix donc, je l’entendais un peu partout de son vivant. Sur les ondes, à la maison… C’était son outil de travail en quelque sorte. Sa griffe. Pas quelque chose que je pensais oublier facilement. Au fil des années après sa mort, celle-ci s’est distordue, déformée par le souvenir sans aucun doute.
Un jour, il y a 5 ans je pense, ma tante venue en visite m’avait ramené en cachette de la révérende mère - pour éviter les drames - une émission que mon père lui avait enregistrée. Et sur laquelle on l’entendait. Je n’ai pas pu l’écouter plus de 10 minutes, je ne le reconnaissais pas et ça me faisait l’effet d’un coup de poing en pleine machoire, avec le bloop caractéristique qui remonte aux yeux.
J’avais perdu sa voix.
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Dans mon cas, j’ai dû idéaliser sa voix. Je n’avais rien pour comparer et c’est peut-être mieux comme ca.
J’ai envie de dire que nous sommes tous des filtres de réalité et que nous ne percevons le monde extérieur qu’à travers le crible de notre sensibilité, et ce y compris pour les personnes qui nous sont chères. Tu as fait l’expérience de confronter ta mémoire affective à une mémoire dure et rationnelle, celle d’une bande magnétique.
Je ne savais pas pour toi; j’en suis désolé.
Big kisses.
Oh ne t’inquiète pas, ça fait un moment :)
Moi aussi, mais la cicatrice s’est réouverte récemment…
:/ je crois qu’il n’y a rien à dire malheureusement, tous les mots sont inutiles par rapport à ça.
A vous lire, je crois que n’avoir aucun souvenir de la voix de mon père est sans doute une bonne chose :-)
J’en suis pas si sûre :) Je crois que cela participe du même principe en fait.
Oui, peut-être sans doute. :-)