Un jour à la fois
Un jour à la fois qu’il disait le gars. Chaque fois qu’il me disait ça, le gars, je le regardais avec des yeux ronds de jument au clair de lune. “Kessim’dit l’ot ?”.
Anticiper, prévoir, c’était mon adage, mon leitmotiv, voire pire, ma façon d’agir en toutes choses.
Tenez, y’a pas plus coriace que moi au célèbre jeu de cartes Magic (oui, oui, bon, j’avoue, j’ai vraiment eu beaucoup de travers fût un temps…). Anticiper, penser à la place de l’autre et jouer en conséquence. Ça ne veut pas dire que je gagnais à chaque fois, non non, d’ailleurs je conspue royalement les jeux à la combo fourche/lightning bolt. Pas très spirituel comme concept, c’est bourrinage, bourrinage, rien d’autre, pas de place pour la pensée. Pff.
Mais, anticiper, c’était pour moi un peu comme une seconde nature. Peu importe la victoire, pourvu qu’on l’ait prévue, tout au moins qu’on ait vu arriver l’autre à mille kilomètres.
Pourtant, anticiper, c’était aussi ressasser, et parfois se perdre au milieu des possibilités et ne plus en sortir, ou mettre la charrue avant les boeufs, la peau du nours avant de l’avoir tué, la crémière avant le beurre et la levure. Vautrage assuré, tension dans les vertèbres et minerve en prime.
J’avais l’impression de garder le contrôle, n’imaginant pas une seule seconde que cela ne devenait rien de plus que de l’hypervigilance.
“Un jour à la fois”. Non, vraiment, je pigeais pas l’utilité de ce “un jour à la fois”.
Pourtant, il est venu tout seul comme un grand, ce jour à la fois. Avec un matin rouge des feuilles d’automne, un post-it sur un coin du bureau avec une adresse, monter les escaliers de bois une marche après l’autre sans en sauter pour ne pas se vautrer, sourire devant le Fauve qui se frotte sur la laine polaire de son plaid, quelques lettres à écrire pour dire “ça y est, j’habite ici”, le soir qui tombe plus tôt, prendre un bouquin avant de dormir et ne penser qu’à ce bouquin, laisser mon regard s’attarder sur les yeux fermés du Pr3d, soupirer d’aise en même temps que le Fauve endormi et se dire que demain, eh bien demain, on verra.

Le contrôle, je le reprends, oui, mais un jour à la fois.
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J’ai qu’une chose à dire:
:)
Bravo… j’y viens aussi… mais ce que c’est difficile de ne pas tenter de ‘prévoir”…
Deux citations pour ma contribution
“Demain, il fera jour.” (un général russe à Stalingrad)
et William:
“Cowards die many times before their deaths.
The valiant never taste of death but once.” (Jules César)
+ “Taratata !”
Alors là, méchante claque visuelle babe, mais méchante!
Je ne rôdais pas des masses sur le blogging en ce moment, mais TU me donnes l’espoir.
J’en suis D.D.A*
*Definitively Digitalyn Addicted.
Tu vas me faire rougir grand fou !
Hé hé, bienvenue au Club petite Madame !
Il y a un adage des chefs d’entreprises qui dit “Gérer, c’est prévoir”. Mais je ne l’aime pas. Je lui préfère “vivre c’est gérer… en permanence.” Donc prévoir… Tout un programme !
Gros becs !
Que dire sinon que je pense que c’est la meilleure méthode :) ? Je suis contente que tu construises tout ça petit à petit, tranquillement. Tu fais ton bout de chemin à ton rythme, parfait
“Un jour à la fois” c’est une chanson de André Breton sur la vie avec Dieux ?! mdr ! Tiens tiens une hérétique comme toi sur la voie de la religion !? :)
Tu noteras tout de même que tu écris Dieu avec un x…
Enfin, je dis ça, je dis rien.
Idolâtre va :p