Beau papa chéri, c’est le genre de mec à qui on aimerait bien faire bouffer une pleine platrée de gravier. Que je m’explique.
Déjà, quand il y a un séisme ailleurs que dans son petit coin pommé d’esprit serré du cul, il rigole. En général, il dit que c’est bien, ça fait “moins de bougnoules à nourrir”. Enfin ça, il le dit quand il est tout seul à la maison, ou quand je suis éventuellement la seule personne à pouvoir lui tatanner la gueule. Vu qu’il pèse le double de mon poids toute habillée, voyez, ça aide pas à les lui faire bouffer les graviers. Mais déjà, ça vous campe pas mal le personnage.
La guerre en Irak, il aime bien aussi. Parce que Bush, son second prénom, c’est Walker. Et Beau papa chéri, il adore Walker Texas Ranger. Alors comme il aime pas les “bougnoules”, et qu’il aime Bush, bah la guerre, ça lui fait super bien plaisir. Il aime bien Chirac aussi, parce que Chirac il envoie pas les français en Irak.
Quand Beau papa chéri reçoit son salaire, il est pas super jouasse en revanche. Parce que plus ça va, moins il gagne. Sans doute à cause des “bougnoules” et des “nègres” qui eux évidemment ne foutent rien et lui pompent son pognon pour toucher le chomage. Alors il peste, rale et geint, invective à tout va, bien au chaud tranquille dans sa maison, surtout quand les portes sont bien fermées et les murs bien épais. Evidemment, Beau papa ne remarque pas les petites lettres tout en bas qui parlent de ses nombreux jours de congés, pas même celles qui lui font remarquer ses nombreux arrêts maladie-gueule de bois. Encore un coup des boches sans doute.
Beau papa chéri, il aime beaucoup les femmes. Surtout quand elles font la cuisine, lavent ses slips dégueulasses et écartent les cuisses quand il a besoin de se vider les glandes. Le summum, c’est quand elles ont du pognon, là il minaude et tortille du cul pour se faire offrir une énième canne à pêche.
Seulement parfois, les bonnes femmes, c’est chiant. Surtout les françaises. Non parce que ces salopes, elles ont des droits, des salaires et une grande gueule. L’égalité, tout ça tout ça, elles l’ont voulu aussi non ? Alors Beau papa chéri, il comprend vraiment pas pourquoi c’est encore au bonhomme de se bouger le cul du canapé pour aider sa grognasse à déménager le lave-vaisselle. L’égalité des sexes c’est ça aussi. Du coup, Beau papa chéri quand il nettoie la vaisselle au palmolive justement, il répète à tout va que les bonnes femmes, il faut les dresser pour que ça marche à la baguette. Ensuite il essuie bien proprement la vaisselle avec son petit chiffon, et il s’installe dans le canapé, en attendant que le lave-vaisselle se déménage tout seul comme un grand sur ses petites pattes.
Je sais, les raccourcis de pensée de Beau papa chéri sont encore plus tordus que les miens, mais que voulez-vous, je ne fais que retranscrire.
Quand Beau papa chéri vieillira sans doute, il se plaindra de ses deux hernies jamais opérées pour cause de grosse trouille, il faudra aussi lui torcher le cul, le nettoyer de temps en temps pour pas qu’il sente trop la sardine, et lui donner un biberon de rouge pour l’alimenter et/ou l’empêcher de sortir ses conneries. Des fois je me dis qu’il sera un peu comme le père Jack Hackett dans Father Ted, mais en moins drôle forcément.
Tout ça voyez, c’est Beau papa chéri. Promis, un jour, je vous l’enregistre, histoire de vous prouver que je n’exagère pas d’un poil.


















