Un, deux, trois, l’un de mes posts s’est caché, quatre, cinq, six, quelque part par là. Sept, huit, neuf, sauras-tu le retrouver ?
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[Edit]Voici le post qu’il fallait retrouver :
Certains fantasment sur une lanière de cuir, d’autres donnent dans la culotte blanche, mais Héléna, ce qui la branchait, c’était « la lutte récréative ». Doux euphémisme pour parler d’activités qui déviaient un peu de la norme…
C’est vrai que la première fois qu’elle m’avoua en quoi consistaient ses petits plaisirs, j’eus un peu peur. Pour elle.
Parce que bon la révolution sexuelle, tout ça, je veux bien, le plaisir avant tout aussi, et même les adages sadiens. Mais elle n’en restait pas moins un joli petit bout de femme, et fragile avec ça. Ça m’aurait rudement fait chier qu’il lui arrive un sale truc. A la voir comme ça étendue sur le carrelage, je me disais qu’au final, je ne m’étais pas trompée de beaucoup.
Mais bon, Héléna, elle avait le don pour rassurer. Ce n’était qu’un jeu pour elle, des corps à corps torrides un peu plus poussés. De quoi pimenter un peu la levrette et autres planplans de la fesse. Parce que bon, la routine, c’était pas pour Héléna. Je n’avais donc pas de quoi m’inquiéter.
D’ailleurs, elle insistait beaucoup sur le côté ludique de la chose. Pour elle c’était un retour en enfance, le bon vieux temps du « attrape-moi si tu peux », je suis la voleuse, et vous monsieur le gendarme vous devez me coffrez mais ne pensez pas que je vais me laisser faire. Oh non.
A tout bien y réfléchir, elle aimait autant être traquée qu’elle appréciait les rapports de force. Mais le jeu, tout violent qu’il puisse être, comportait tout de même certaines règles. Pas folle la guêpe non plus. Elle ne pratiquait donc jamais en dehors du cercle de ses connaissances. Rien que des gens triés sur le volet, des personnes de confiance pour éviter les débordements. Et puis, il fallait maintenir les apparences d’une certaine respectabilité, alors mieux valait éviter que d’éventuelles traces du combat de la veille soient plus visibles qu’un bleu. Héléna n’était pas maso, et la douleur ne faisait pas vraiment partie du contrat. Juste une épreuve de force. L’un contre l’autre, les amants renouaient avec leur instinct animal. Il fallait traquer, piéger l’adversaire pour ensuite le maîtriser, le mériter, et enfin s’y abandonner.
Je me demandais tout de même qui avait bien pu la piéger de la sorte pour que le jeu tourne à l’aigre. Son joli corps formait un angle douteux avec le buffet blanc de la cuisine, et son petit bras potelé tenait encore le téléphone. C’était moi qu’elle avait tenté de prévenir. J’étais arrivée trop tard.
Je me souviens qu’un soir nous avions beaucoup ri devant ses « vidéos d’archives ». Elle s’imaginait une grande carrière de thérapeute de la libido, déclamait ses ordonnances à tout va pour s’écrouler de rire dans le canapé bordeaux, une coupe de champagne à la main.
Celui-là était timoré, mais dans la lutte il avait renoué avec une certaine audace, elle avait exorcisé ses pulsions de mort et ses frustrations à grands coups de rein. Et l’autre là, stressé comme pas deux, elle l’avait laissé s’approcher pour mieux lui échapper, pour enfin l’épuiser et mieux en disposer.
Héléna, c’était un centre de relaxation à elle toute seule.
Et en retour elle ne leur demandait pas plus qu’une rivalité d’un soir, quelques heures de sueur et d’évasion, une cassure d’avec la monotonie.
Un joli gâchis. Elle avait rendu la puissance à quelques hommes, et quelqu’un avait saccagé le temple de la jolie Geisha. De bas en haut. Je regardai une dernière fois ses jambes. Toujours séduisantes, même figées dans la rigidité cadavérique. Quelques contusions, et des barres sombres barrant son cou. On l’avait sans doute attachée pour mieux la malmener. Elle qui demandait à ses aventures d’un soir de ne surtout pas s’attacher, elle avait dû faire un faux pas quelque part. Ça faisait partie des règles du jeu, et pourtant…
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