Le pavillon des enfants fous
A onze heures, une femme toute drôle entre avec un grand sourire figé et un :
“Alors, ma chérie, comment ça va ?”
Elle voudrait peut être que je lui réponde que la pension est tout à fait à mon goût ? Je suis infecte ? Pas autant qu’eux. Elle me regarde comme si elle ne m’avait jamais vue d’un air parfaitement heureux. Qu’est-ce qu’elle va me raconter ? Que c’est dégoûtant parce que son avocat n’a pas réussi à faire admettre tous les torts de l’autre côté, elle est obligée d’accepter “à torts réciproques” ? Non elle ne dit rien et c’est mieux. Ça lui fait plaisir de me voir ? C’est à moi que ça doit faire plaisir ! Et j’en suis à des kilomètres.
“Je ne dors pas la nuit à cause de toi, tu sais. Je me fais du souci. C’est moi que tu vas rendre malade.”
Valérie Valère - Le pavillon des enfants fous.
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